Jan Vermeer. (1632 - 1675).  


Les Peintres



Jan Vermeer, La Jeune Fille à la Perle. (1665).
 La Joconde du Nord.










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Jan Vermeer. (1632 - 1675). (Jan ou Johannes dit Vermeer de Delft). 

Son père est fabricant de soierie, marchand d'art et aubergiste. 
A cette époque comme il n'existe pas d'école de peinture à Delft il reçoit une formation artisanale probablement en partie auprès du peintre néerlandais Carel Fabritius. Mis à part son mariage et son entrée à la Guilde de Saint Luc de Delft en 1650 peu d'éléments de sa biographie sont connus.
Il peint surtout des tableaux bourgeois de genre et sa clientèle est la bourgeoisie aisée de Delft, sa ville natale.
L’œuvre de Vermeer est constituée d’intérieurs domestiques ensoleillés, on peut y voir un ou deux personnages en train de lire, d’écrire, de jouer d’un instrument de musique ou occupés à une tâche domestique. Ces toiles de genre de la vie néerlandaise du 17ème siècle, exécutées avec précision et objectives, se caractérisent par un sens géométrique rigoureux et un désir d’ordre et de précision.
37 tableaux lui sont attribués. Au début ce sont surtout des représentations historiques dans le style vénitien. A l'exception de quelques rares tableaux religieux et quelques portraits de commande il se concentre avant tout sur la représentation des milieux bourgeois. Les effets sont accentués par une expression libre et un travail sur l'atmosphère, la luminosité, l'air, les couleurs.
En règle générale les oeuvres sont déterminées par le modelé de la lumière et les personnages sont complètement absorbés par leurs occupations. 
3 tableaux de ses débuts indiquent les éléments de base de son style qu'il réunit ensuite dans des oeuvres ultérieures. 
Diane et ses Nymphes (1653) montre une composition très équilibrée en diagonale par des formes imposantes à l'italienne adoucies par une luminosité vénitienne. La représentation humaniste est reléguée à l'arrière-plan. Dans Le Christ Chez Marthe et Marie (1654) l'artiste transporte l'épisode biblique dans un cadre quotidien. Il fixe de façon pittoresque le geste décisif du Christ.
Concernant le sujet traditionnel de l'Entremetteuse (1656) scène de genre et peinture morale dont les hollandais sont friands, c'est l'esthétique qui permet la distanciation. Un synthèse de ses éléments est réalisée une première fois dans la Jeune Dormeuse (1656). La structure de la composition et les objets bien dessinés créent un cadre intime dans lequel la jeune fille se transforme pratiquement en nature morte. 
Vermeer est un maître de la composition et de la représentation dans l’espace, la toile illustre son maniement des valeurs tonales et la perspective au premier plan, au second plan, et plus loin, à distance.
En 1653 le peintre épouse Catharina Bolnes qui dispose de bons revenus. À cette occasion, Vermeer, élevé dans le calvinisme se convertit au catholicisme, religion de la famille de sa femme. Il s'installe avec celle-ci et sa mère dans le quartier catholique de Delft. Les catholiques sont alors aux Pays-Bas une minorité. Au moins une des toiles de Vermeer présente un thème catholique : l’Allégorie de la Foi.
Dans La Jeune Fille Lisant Une Lettre une évolution peut être notée dans la composition, l'espace est restreint et ce sont les reflets de lumière qui donnent vie à l'oeuvre. Le coté descriptif du tableau de genre cède la place à l'interprétation symbolique. Le caractère intime est accentué par le rideau peint, ouvert, rideau qui habituellement en Hollande se situe devant les tableaux en guise de protection. 
Chaque détail de la vie bourgeoise est transposé dans un monde symbolique et poétique. 
Sur le tableau La Laitière (1658), de dimension réduite : 45,5 × 41 cm, le regard est tout d’abord capté par le geste puissant de la servante. À ses deux bras guidant la cruche, s’ajoute en effet une construction géométrique qui permet une vue légèrement placée en dessous augmentant ainsi la présence physique de la jeune femme. Par un subtil dialogue de couleurs, l’œil s’éloigne alors et parcourt l’ensemble du tableau. Au blanc épais du filet de lait, répondent le mur et le halo lumineux formé autour du visage de la servante. Puis 2 couleurs s’imposent, le bleu de la jupe et des revers de la manche fait écho au chiffon posé sur la table, le jaune du corsage se décline pour sa part en divers objets épars, les morceaux de pain, le panier et le seau accrochés au mur, la chaufferette posée sur le sol. Enfin, le vert sombre de la nappe s’accorde avec sa complémentaire, l’orange de la jupe. Placée dans un espace dépouillé et clos, la figure féminine perd peu à peu de sa matérialité pour prendre valeur d’icône. La lumière, diffusée au travers d’une fenêtre au carreau cassé, révèle visage et silhouette de la servante grâce aux contrastes clairs obscurs créés avec le mur du fond. De même, en inondant la pièce d’une atmosphère vibrante, elle éclaire les textures et isole chaque élément qui devient à son tour sujet du tableau : la nature morte aux pains du premier plan ou le mur de chaux du fond, qui laisse apparaître chaque détail, des trous, un clou planté....
Delft, où Jan Vermeer réalise l’ensemble de son œuvre, connaît un renouveau artistique au milieu du XVIIe siècle grâce à l’installation de peintres d’envergure. Un sens aigu de la perspective, appuyée par de subtiles variations de lumière, amènent ces artistes à revisiter les peintures de genre de la vie populaire pour approcher l’intimité de personnages dépeints dans des intérieurs feutrés.
Si Vermeer adhère à cette évolution thématique et stylistique ceci ne soustrait rien de son génie créatif, tout comme la présence de certains effets visuels liés à l’emploi supposé de la chambre noire (ou camera obscura, système optique permettant de projeter l’image à retranscrire) ne peuvent garantir de l’assujettissement à cette pratique. Ainsi, les gouttes de couleur qui accrochent la lumière de tous côtés sur la croûte des pains et la corbeille, plus que de simples phénomènes visuels de mise au point, s’apparentent à une technique pointilliste parfaitement maîtrisée pour tirer profit de chaque rai de lumière et révéler les matières.
Dans Jeune Femme et Soldats (1656 -1660) le traitement de la couleur est presque impressionniste avec des pigmentations granuleuses et des couleurs pures et étincelantes. L'intimité est évoquée par la relation entre l'horizon éloigné et l'espace immédiat. 
Les personnages ne sortent pas de l'ombre pour se diriger vers la lumière comme chez Rembrandt, ils font partie de l'ambiance lumineuse de l'ensemble de l'oeuvre. Ceci est aussi parfaitement visible dans La Servante (1660) dont l'action est totalement dédramatisée et dépasse le cadre du récit. De manière identique les représentations de concerts sont plutôt une allégorie poétique de l'ouïe. Vermeer sait aussi transposer à l'extérieur les effets de lumière remarquables de ses intérieurs. 
Dans La Vue de Delft (1660) les jeux de lumière et le ciel matinal produisent un effet conjugué. 
Les tableaux qui n'ont pas été conçus comme des oeuvres de plein air représentent pourtant des lieux réels. 
Dans La Leçon de Musique Interrompue (1661) et surtout La Jeune Fille à la Perle (1665) Vermeer établit un contact visuel très sensuel entre le spectateur et les personnages du tableau qui regardent vers lui. Une forte impression d'intimité s'en dégage. 
La sensualité des oeuvres de Vermeer possède une valeur symbolique qui, habituellement, dans la peinture baroque ne se déchiffre qu'au travers d'allégories. Le Couple Buvant du Vin (1661) est un symbole du goût, La Peseuse De Perles (1665) symbolise la justice et la vanité. 
Dans l'Allégorie de la Peinture (1666) le peintre et son modèle Clio, muse de l'histoire, personnifiant la gloire et la contemplation, apparaissent comme la représentation de Saint Luc, peintre de la Vierge. La toile peut donc être interprétée comme une représentation et une réflexion sur la peinture. 
Vermeer donne ici à voir sa conception de son art. Détaché de l'anecdotique (le peintre est vu de dos, son costume est daté du siècle précédent tout comme le tracé des frontières des Pays-Bas sur la carte), à l'écart du monde (la tenture marque une limite), mais sans en être absent comme en témoigne la carte murale, Vermeer travaille dans l'univers clos et serein d'un intérieur domestique baigné de cette lumière colorée qui suffit à transcrire le monde visible.
Dans les dernières oeuvres les moyens picturaux sont réduits progressivement et la couleur s'intensifie. 
Quelques tableaux (probablement des commandes car ils sont richement décorées) ne possèdent pas la sensibilité habituelle du peintre. 
La Joueuse de Guitare (1667). Jusqu'au début du 19ème siècle Johannes Vermeer jouit d'une grande considération mais son nom est ensuite oublié. 
Pourtant on retrouve le nom de Vermeer à la une des journaux suite au scandale provoqué par le faussaire Jan Van Meegeren qui exécute des tableaux soi-disant de Vermeer, comme les Disciples d'Emmaüs, de manière si parfaite qu'il parvient tout d’abord à en vendre au Nazi Hermann Göring puis à tromper tous les spécialistes durant un temps... 
À peine 37 tableaux de Vermeer sont actuellement identifiés. Certains spécialistes réduisent pourtant encore ce nombre, car quelques attributions sont contestées…