Séraphine Louis. (1864 -1942).  
   
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Les Peintres

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Séraphine Louis. (1864 -1942). 

L’art naïf du début du 20ème siècle survalorise une nature perdue présentée comme idyllique, sa vision est assez nostalgique. Il tente 
de reconstituer un Âge d’or et se réfère à des sources bibliques, mythologiques, imaginaires, oniriques. Il ne désire pas représenter 
la banalité du quotidien, il veut l’idéaliser. En règle générale le dessin est d’une précision méticuleuse, les couleurs sont très 
vives, les sujets narratifs et leur signification simple. Il se montre volontiers religieux ou mystique. 
C’est dans cette perspective qu’il faut considérer l’œuvre et le travail de Séraphine Louis. Dite Séraphine de Senlis. 
Née la même année que Camille Claudel elles finiront leur vie à peu prés de la même manière. Séraphine Louis est morte de faim le 11 
décembre 1942, à l'hôpital psychiatrique de Clermont-de-l'Oise. Elle y était entrée en 1932. Camille Claudel est morte de faim en 
octobre 1943, à l'hôpital psychiatrique de Montdevergues, près d'Avignon.
Les privations de nourriture durant la seconde guerre mondiale et les conditions de vie dans les asiles furent fatales à des milliers 
d'hommes et de femmes aliénés (à peu près 45 000). Il faut dire que le gouvernement de Vichy et Pétain n’ont rien fait pour que cet 
état de chose soit différent. 
Femme de chambre et peintre autodidacte Séraphine Louis est issue d’une famille modeste et illettrée. Son père est ouvrier et sa mère 
vient d'une famille de la campagne. Elle perd sa mère à l’âge d’un an et son père, remarié, meurt alors qu'elle a presque 7 ans. Elle 
est recueillie par sa sœur aînée et travaille d'abord comme bergère, puis comme domestique chez les sœurs de la Providence à Clermont 
(Oise). En 1901, elle commence à travailler comme femme de ménage dans les familles de Senlis. En 1912, le collectionneur allemand 
d’œuvres cubistes et naïves Wilhelm Uhde, un des premiers clients de Pablo Picasso, vient passer des vacances dans l’Oise. Pour le 
temps de ses congés, il recrute Séraphine Louis comme femme de ménage. 
Le collectionneur découvre en elle un peintre d’exception. Il décide de la lancer et de soutenir sa découverte dans le monde de l’Art. 
Il le fera jusqu’en 1930, 3 ans après sa première exposition, puis Uhde cesse d'acheter les toiles de Séraphine à cause de la crise de 
1929. 
Bien des choses ont été écrites sur l’art de Séraphine Louis, on croit reconnaître les vitraux de la Cathédrale de Senlis (?) ou des 
motifs textiles en vogue à l’époque. 
On voit dans ses sujets une récurrence de feuilles dont la forme ressemble à des plumes à des yeux ou à des bouches. 
La vérité est que comme Séraphine n’a jamais laissé pénétrer personne dans la chambre où elle s’enfermait pour peindre il est possible 
de se perdre en faisant bien des conjectures. 
Il nous faut nous en tenir aux choses sures. Tout d’abord Séraphine ne peint pas d’après des modèles mais des visions. Elle découvre 
l’art en observant un professeur de dessin dans l’institution de jeunes filles où elle fait le ménage.
Elle utilise de la peinture Ripolin achetée en droguerie et prépare elle-même ses couleurs qu’elle mélange à de l’huile d’éclairage 
empruntée dans les églises. 
Les mélanges sont constitués de terre, de sang, on dit qu’elle se blessait elle-même dans ce but mais rien n’est sur, de bougies, et 
de différentes plantes. 
Séraphine peint à genou jusqu’à épuisement. La toile est alors posée sur le sol. 
L’artiste est ainsi assez près pour peaufiner les détails et pour avoir une vision d’ensemble de l’œuvre il lui suffit de se lever. 
Elle signe ses toiles S. Louis en les gravant au couteau. 
Dans ses toiles Séraphine cherche à occuper la totalité de l’espace pictural. 
Par la composition et les couleurs (du foncé au clair) les œuvres suggèrent toutes l’idée d’ascension. 
Tout en conservant une remarquable harmonie chromatique les œuvres peuvent être divisées en 3 zones à peu prés égales. 
La première zone est la plus basse, elle comprend la naissance du tronc des arbres ou des plantes, les couleurs sont relativement 
foncées, l’arrière plan suggère un horizon, symboliquement il s’agit de la terre, du monde des hommes. 
Dans la seconde zone, au milieu de la toile, les feuilles, les fruits et les fleurs apparaissent emplis de lumière. Les couleurs sont 
plus claires. Il s’agit du monde de la nature et Séraphine voit dans chacun de ces détails une porte vers le divin, le sacré, 
l’éternité. La 3ème zone est la plus haute, certains détails sont encore plus lumineux, les éléments sont orientés vers le ciel comme 
s’ils cherchaient à le relier à la terre. Même si dans certaines œuvres, qui correspondent certainement à des périodes de désespoir, 
le mouvement s'inverse. La même division subsiste. 
2 toiles livrent les secrets et le but du travail de Séraphine. L’Arbre de Vie et L’Arbre du Paradis. Sa forme fait penser à la roue 
du paon. L'Arbre de Vie s’élance avec fougue vers le ciel à son sommet les couleurs sont très vives. 
Au centre de la toile on discerne nettement une feuille qui évoque un œil. 
Certaines plumes du paon ressemblent aussi à des yeux. Par analogie certains ont cru voir dans les feuilles de Séraphine des plumes en 
forme d’œil. 
L’œil de l’arbre de Vie est bien celui de dieu qui observe les hommes. Comme Séraphine voit dans chaque manifestation de la nature, 
feuille, fleurs, fruits, une manifestation céleste il est naturel que le sacré se manifeste au travers de la création. L’Arbre du 
Paradis est encore plus clair. Les feuilles de l’arbre dans la partie haute de l’œuvre deviennent des étoiles et évoquent la lumière 
divine. 
Artiste mystique en figurant l’ascension de l’arbre Séraphine figure l’ascension de l’âme et nous indique son chemin. Tout entière 
hantée par la nostalgie du paradis Séraphine n’a cessé de peindre, sous des formes très diverses, cet arbre sacré qui se trouve au 
centre du monde et relie la terre au ciel.
Les œuvres de Séraphine Louis ont été exposées dans toute l'Europe et jusqu'à New York, elles sont visibles un peu partout en France 
: au musée d'art de Senlis (60), d'Auvers-sur-Oise (95), dans les collections de la fondation Dina Vierny, au musée d'Art Naïf de 
Nice, au musée du vieux-Château à Laval, au Musée d'Art Naïf de Béraut (Gers), au Musée d'Art Naïf de Vicq (Yvelines) et jusqu'à fin 
Mars 2009 17 toiles au Musée Maillol à Paris. Pour ce qui est de Séraphine Louis elle est enterrée dans une fosse commune.