Histoire de la Nature Morte en Peinture.


 

English Website


Histoire du Paysage en Peinture

Histoire de l'Autoportrait en Peinture

Les Genres en Peinture









Envoyer cette page à un(e) ami(e) 

Accueil     Newsletter  Analyses  Mouvements  Peintres  Genres  Techniques   Histoire   Musées  Expositions   Galeries   Artistes    Jeux    Annonces    Contactez-nous     Qui sommes nous ?      Liens    Boutique   Références

Laisser un commentaire ou un avis : 


  Nom ou Pseudo : 

  2 + 2 :    (Anti robots)

 Nom du Tableau ou Thème :   Artiste :


 Donnez une note sur 20 :    (Facultatif). 

 Commentaire : 

  





1/ Votre adresse mail ne serra pas visible, 

2 /Nous n'utilisons pas les adresses mails, 
sauf pour répondre en privé si besoin.

Voir guide sur votre navigation ici.

Il n'y a pas de cookies ici ! Téléchargez cookieviz

Bien des sites que vous utilisez chaque jour ne respectent même pas cela...  

Les Sites sont déclarés à la
CNIL. (Depuis 2002 et 2006). Même si cela n'est plus obligatoire. 



C'est en Grèce durant l'antiquité, quand apparaît un art tourné vers la nature et la vie quotidienne, privilégiant la description de victuailles, de fleurs et d'autres objets ou animaux que la nature morte naît en tant que genre pictural. Les mosaïques et fresques romaines découvertes à Pompéi et à Herculanum montrent diverses scènes ou aucun personnage n'est présent. Déjà la nature morte antique n'en revêt pas moins parfois une résonance morale : la lutte de la langouste et du poulpe, visible au centre de la magnifique mosaïque marine de la villa du Faune à Pompéi, la perdrix morte accompagnée de deux grenades mûres, qui compose le sujet d'une fresque d'Herculanum, sont, en même temps que des invites épicuriennes à jouir de la beauté de la nature et des plaisirs de la vie, de troublants rappels de la précarité d'une condition humaine toute provisoire. Mais la nature morte semble avoir disparu en peinture avant même la chute de l'Empire romain. Le chaos né des multiples guerres menées contre les tribus barbares rendit les conditions de vie des Romains plus difficiles et provoqua une dégradation des moeurs qui fit progressivement oublier le raffinement des années fastes. En outre, la chrétienté imposa aux Romains des normes de vie différentes, et certainement plus austères. Durant plus de mille ans, la civilisation occidentale n'accepta plus la représentation des choses immobiles... Au moyen-âge dans les enluminures des moines qui illustrent les textes sacrés et les bréviaires la nature morte est utilisée à des fins de décoration, pour enjoliver et enluminer le texte. Les fleurs ne sont tout d'abord que des détails en miniature. Mais progressivement la décoration occupe de plus en plus d'espace. Dans certains livres sacrés plus des deux tiers de certaines pages sont alors réservés aux enluminures et à la décoration. Ces parties des pages sont alors à considérer comme des tableaux dans la page, des éléments indépendants dont le sujet est une nature morte. 
Fort logiquement dans les retables et les toiles du haut moyen-âge on en arrive au tableau dans le tableau. Ainsi dans des œuvres du style de l'Annonciation les fleurs de lys symbolisent la pureté de la vierge et parfois un vase en cristal vient ajouter un élément supplémentaire qui renforce l'image. La nature morte (ici le lys) est utilisée en tant que symbole. La nature morte garde longtemps cette valeur de symbole, au moins jusqu'à ce que l'école hollandaise n'en fasse un genre autonome au XVIe siècle. Les objets peints sont très souvent à interpréter comme des symboles.Durant toute l'ère baroque " les vanités " ont pour objectif de rappeler aux hommes le coté éphémère de la vie. Sous sa forme la plus élémentaire, le crane ou sous des formes plus élaborées comme le sablier, le verre renversé, la bougie éteinte, les coupes et les bijoux précieux, les instruments de musique… tous ces éléments sont à considérer dans les œuvres comme des allusions à la fragilité du temps qui passe. 
Ainsi dans sa Madeleine à la veilleuse Georges de La Tour utilise le crane et la bougie pour rappeler que la mort guette tout être humain et que nul n'en connaît l'heure.Parfois les vanités sont représentées dans les natures mortes parmi d'autres éléments qui eux évoquent les plaisirs de la vie ceci confère de l'ambiguïté et de l'ambivalence aux œuvres comme ici chez Lubin Baugin . Si le genre prend véritablement naissance au XVIe siècle il connaît son apogée dans la peinture hollandaise du XVIIe siècle. A cette époque la nature morte était tellement appréciée des Hollandais que des centaines de peintres se spécialisèrent dans ce genre. Ceux-ci travaillaient aussi d'un autre côté et en même temps en tant qu'illustrateurs de manuels de botanique. La bourgeoisie hollandaise du XVIIe siècle est attachée au concret et très préoccupé par la morale. Ainsi les scènes d'intérieur et les natures mortes font l'objet d'une véritable passion chez les amateurs d'art.En ce qui concerne le traitement bien des artistes utilisent les contrastes clairs-obscurs pour mettre en valeur les couleurs et les contours. 
Ainsi Van Beyeren dans son banquet, Jan de Heem pour les fleurs ou les victuailles, Jan Bruegel le vieux appelé aussi Bruegel aux fleurs ou Bruegel de Velours et Willem Van Aelst. Un peu plus tard, en France, Henri Fantin-Latour s'il sait tirer partie du clair-obscur dans les natures mortes n'hésite pas non plus, certainement sous l'influence de Courbet, à éclaircir sa palette. Concernant les couleurs l'artiste peut utiliser des harmonies d'analogies comme par exemple Jan de Heem dans sa nature morte Nautilus.C'est aussi l'harmonie d'analogie qu'utilise Van Huysum, dans les rouges ou les teintes orangées, mais il emploie aussi les contrastes entre couleurs chaudes et froides (rouge et bleu) et les contrastes entre complémentaires (rouge et vert). En fait dans la nature morte chaque école utilise sa palette, les impressionnistes, comme ici Rita Briansky démontrent de manière éblouissante que leur technique n'est pas simplement adaptée à la peinture en extérieur. 
Van Gogh dont la touche expressionniste déforme le réel et amplifie les couleurs nous présente des œuvres non-conformistes, au style très particulier. Cézanne s'applique à représenter des " formes-couleurs " qui préfigurent l'abstrait. Les surréalistes, comme Dali alimentent aussi le genre avec des compositions qui semble venir du pays des songes. Même des adeptes de l'abstraction comme Delaunay ou Ferat deviennent friands du genre, jusqu'aux œuvres de Picasso où seul l'œil véritablement exercé distingue la table, ses pieds, la carafe et les fleurs... Pratiquée par tous les styles et toutes les écoles, la nature morte est redevenue au fil du temps depuis le moyen-âge ce qu'elle était dans l'antiquité : un genre majeur en peinture.