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Jean-François de Troy. (1679 – 1752). Le Déjeuner d’Huîtres. (1734). Rococo. 180 x 126,5 cm. 
Huile sur Toile. 

Huîtres et Champagne à la cour du Roi. 
























































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Vidéo : Jean-François de Troy.
Le Déjeuner d'Huîtres.





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Jean-François de Troy. (1679 – 1752). Le Déjeuner d’Huîtres. (1734). Rococo.
180 x 126,5 cm. Huile sur Toile. Huîtres et Champagne à la cour du Roi. 

Peintre Rococo, Jean-François de Troy est réputé pour ses scènes galantes, 
elles sont si populaires à l’époque qu’il les a même diffusées dans des 
gravures. Ses toiles ornent les maisons de campagne et les châteaux 
de toute la noblesse française. De Troy est réputé pour l’élégance de 
ses toiles, ce Déjeuner d’ Huîtres a été commandé par Louis XV pour 
la salle à manger des Petits Appartements du château de Versailles, 
dite des retours de chasse. Il est aujourd’hui conservé au Musée Condé 
de Chantilly. Cette œuvre nous montre comment les traditions culinaires 
et les arts de la table ont évolués depuis le 18ème siècle. L’œuvre est 
tout en longueur, à cause du bouchon qui saute et que l’ont perçoit au 
milieu de la colonne centrale, pour voir les détails ici clic sur la flèche 
en bas à droite, sinon sous les onglets détails et zoom vous pouvez 
voir la toile de bien plus près.

Depuis le néolithique (5000 ans avant JC) partout où les hommes de 
cette époque vivaient et mangeaient on a retrouvé des coquilles d’huîtres en quantités importantes. L’huître est au menu de l’homme depuis longtemps…

Les bancs naturels d’huîtres ont toujours étaient nombreux sur les 
côtes de France, surtout sur le littoral de la mer du Nord et de la Manche. 
Longtemps l’ostréiculture déjà pratiquée pat les Grecs et les Romains a 
été oubliée. On se contentait de pêcher les huîtres. 

Les bancs semblaient inépuisables à tel point qu’une ordonnance du roi, 
en 1726, en vue de protéger les richesses côtières, interdit toute espèce 
de drague exceptée pour la pêche de l’huître. Mais un peu plus tard, 
l’exploitation intensive des bancs d’huîtres entraîne une raréfaction et 
au 18ème siècle, l’autorité royale doit réprimer les abus. 

C’est que l’huître, comme on le voit ici, est à la mode à la cour et les 
gentilshommes en sont friands. Les huîtres que nous voyons ici sont plates 
et rondes il s’agit des Belons de Bretagne ou des huîtres de la baie de 
Cancale. Leur chair est grise ou marron clair, elles ont une saveur iodée 
et salée et un léger goût de noisette. Elles sont apportées dans des 
bourriches en osier et un serviteur, au premier plan à droite, que l’on 
nome l’écailler, est là pour les ouvrir. Pour les huîtres il y a toujours du 
monde pour manger mais bien moins pour l’ouverture. 

Avec les huîtres les gentilshommes dégustent du champagne qui se 
trouve dans un rafraîchissoir en bois au centre, à l’époque le sceau à 
Champagne n’existe pas. Les coupes vides sont retournées dans des 
verrières c’est à dire des coupelles vides. Les bouteilles n’ont pas la même 
forme ni la même contenance que celles que nous connaissons aujourd’hui. 

Nous vous expliquerons pourquoi. 
De 898 à 1825, c’est à Reims en plein cœur de la Champagne, que les rois 
de France sont sacrés. Les cérémonies, s’accompagnent toutes de festins 
où les vins de Champagne coulent à flots. Très vite appréciés pour leur goût 
et leur finesse, ceux-ci vont devenir les vins que l’on offre en hommage 
aux monarques qui viennent dans la région. François Ier, Marie Stuart, en 
reçoivent en cadeau et des centaines de bouteilles sont offertes à 
Louis XIV pour son couronnement. A Versailles durant les grandes fêtes 
le roi soleil fait servir celui que l’on appelle à l’époque le « vin surprise », 
le Champagne surprend par sont pétillement et l’explosion au moment 
de son ouverture. Avec les huîtres servez plutôt un vin d’alsace, un muscadet, 
un gros plant ou un entre deux mers, gardez le champagne brut pour 
l’apéritif et le demi-sec pour le dessert. 


Le point de vue du spectateur se situe au niveau de la table et du repas 
mais de Troy joue à étirer la toile en haut et en bas. Le jeu des regards 
des personnages suivant la course du bouchon qui saute attire l’attention 
du spectateur vers le haut à la recherche de celui-ci. 

En même temps au premier plan le personnage demande à la servante 
de nettoyer ou de changer ses chaussures ce qui attire le regard vers le bas. 
Ces artifices ont pour conséquence d’étirer la toile en hauteur, celle-ci, 
déjà bien plus longue que large (180 x 126,5 cm), semble encore bien 
plus en hauteur grâce à cette manière de traiter l’espace pictural en 
utilisant l’attitude des personnages. 

Sur les points naturels d’intérêts à gauche, en haut : le bouchon qui saute 
et le regard des serviteurs et des convives, en bas : le gentilhomme qui 
demande à ce que l’on s’occupe de ses chaussures. Autour du point 
naturel d’intérêt de droite les personnages dégustent huîtres et champagne. 

Le bas et le haut de la toile qui sont aussi l’avant et l’arrière plan sont 
vides de personnages. Ces zones qui constituent 2 tiers de l’espace pictural 
sont occupées par des accessoires, le bouchon de champagne qui saute et 
la décoration en haut, les coquilles d’huîtres, les bouteilles vides 
et les bourriches en osier en bas. 


Les lignes directrices majeures sont constituées par les regards. 
La majorité des regards montent à la poursuite du bouchon sauf au 
premier plan. La toile est construite sur la grande diagonale de gauche 
à droite habituellement descendante mais traitée ici en ligne montante. 

Détails : 

Le bouchon est parti avec son muselet qui n’a pas été détaché 
ce qui signifie qu’il est parti seul. La pression contenue dans une 
bouteille suffit souvent pour faire exploser le bouchon. 

La forme et la contenance de cette bouteille ne sont pas semblables 
à celles d’aujourd’hui. Le champagne a longtemps été un problème 
pour les verriers. Une bouteille de 75 cl contient 5 kg de pression, 
autant qu’un pneu de camion. L’explosion des bouteilles en cave ou 
durant le transport est un problème à l’époque. Aussi les bouteilles 
contiennent moins de vin et sont plus petites. Ainsi il y a moins de pression. 

Les coupes reposent à l'envers dans des verrières, plus tard les coupes 
seront posées sur leurs pieds et les coupelles qui ici servent de verrières 
seront remplies d’eau et d’une rondelle de citron pour servir de rince-doigts. 

Lumière : 

Une lumière naturelle et blanche semble provenir de la gauche 
mais elle se reflète sur la nappe et éclaire tous les convives. 

Couleurs.

Harmonie et contraste.

Contrastes entre couleurs chaudes et froides. Contrastes 
entre complémentaires.

Toiles similaires :

La Mangeuse d'Huîtres. Jan Steen (1625-1679).

La Déclaration. Jean-François de Troy. (1731).

Le Déjeuner de Chasse. Jean-François de Troy. (1737).