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Marie Bashkirtseff (1858-1884). Un Meeting. (1884). 

Réalisme. 

 










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Marie Bashkirtseff (1860-1884). 
Nouveau Journal Inédit.


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Marie Bashkirtseff (1858-1884). Un Meeting. (1884). Huile sur toile. H : 193 cm x L : 177 cm. Musée d'Orsay. Paris.

Marie Bashkirtseff, est écrivain, peintre et sculptrice d'origine ukrainienne. D’une famille fortunée, elle voyage avec sa mère en Europe. Elle parle couramment le russe, le français, l'anglais et l'italien. Elle étudie la peinture à l'Académie Julian, en France, l'une des rares académie en Europe à accepter les femmes. Ce tableau : Un Meeting, (une réunion), est une scène de genre, elle représente des écoliers de condition modeste qui discutent et semble préparer quelque chose. La toile se situe dans la tradition de l’époque Baroque initiée par Murillo qui représente les enfants pauvres des rues de Séville. Marie Bashkirtseff transpose ainsi les thèmes de son ami et mentor le peintre naturaliste Jules Bastien-Lepage à la ville comme le fait aussi Fernand Pelez (1848-1913). Cette représentation des classes populaires a pour but de se livrer à une réflexion sur la condition humaine.
Sur le site du Musée d’Orsay vous pouvez lire que la petite fille qui s’éloigne à gauche est un signe des idées féministe de l’artiste, les femmes sont exclues des entreprises masculines… Nous disons ici que techniquement ce personnage qui s’éloigne est là pour donner de la profondeur de champ au tableau, ce qui est une analyse objective. Dire que cette partie du tableau exprime les idées féministes de l’artiste est une interprétation subjective, car ses idées féministes Marie Bashkirtseff les exprime sous le pseudonyme de Pauline Orrel dans la revue « La Citoyenne » d'Hubertine Auclert. La destinée cruelle de Marie Bashkirtseff, morte à 25 ans de tuberculose, toute sa vie et son œuvre, sont aussi un éclairage édifiant sur la condition humaine. 
Dés son enfance entre 12 et 14 ans Marie écrit chaque jour dans son journal. 
Elle correspond aussi avec Guy de Maupassant. 
Et dans ce journal ce qui transparaît surtout c’est la conscience de n’être que de passage et une volonté farouche de laisser une trace. « Si j'allais mourir, comme cela, subitement, je ne saurais peut-être pas si je suis en danger, on me le cachera... Il ne restera bientôt plus rien de moi... rien... rien ! C'est ce qui m'a toujours épouvantée. Vivre, avoir tant d'ambition, souffrir, pleurer, combattre, et, au bout, l'oubli !... comme si je n'avais jamais existé... ». 
Il semble que Marie Bashkirtseff dans son journal ait eu plusieurs intuitions, assez prémonitoires…. Oui elle était gravement malade et sa famille ne lui a rien dit, comme souvent, pour la protéger et ne pas l’effrayer. Oui Marie Bashkirtseff a bien faillit ne laisser aucune trace car les nazis durant la Seconde Guerre mondiale se sont acharné contre son œuvre et ont détruit tous les tableaux qu’ils ont trouvés.
Il nous reste quelques portraits et de nombreuses esquisses et dessins. Heureusement assez pour se rendre compte que Marie Bashkirtseff possédait un immense talent de portraitiste. Il reste aussi son tombeau au cimetière de Passy, très original, un studio d’artiste… 
La vie de Marie Bashkirtseff a été si courte … Elle avait le pressentiment de la catastrophe. Heureusement dans son journal elle analyse, elle fixe, elle développe précisément sa pensée originale, ses révoltes, ses sentiments et surtout cette conscience d’être un être double, ce qui au niveau psychologique est d’un grand intérêt. Comme Vincent elle ne se plaint de sa maladie que parce qu’elle l’empêche de travailler convenablement. Elle se dit « terrassée par les oreilles ». 
Et ses nerfs sont surexcités d'une façon extrême : « Mon travail en souffre ; je peins tout en étant dévorée d'appréhensions chimériques. Je m'imagine des quantités d'horreurs... il m'arrive de me lever en sursaut et d'aller à l'autre bout du jardin, comme une folle. Et constamment, maintenant, la pensée de la mort se mêle à mes rêves. » 
Ainsi ce journal qui débute par des choses sans importances gagne au fil du temps en densité et en profondeur, il s’achève par un fait troublant. 
Son ami et modèle Jules Bastien-Lepage, mourant lui-même, vient lui faire une dernière visite. Marie Bashkirtseff est couchée dans son salon : pour que Jules Bastien-Lepage puisse la voir, on la porte comme une enfant. Et le même mot leur échappe, un cri d'artistes désolés : « Ah ! si l’on pouvait peindre encore ! »
Et c'est sur ces mots que s'achève, interrompu par l'agonie, le journal de Marie Bashkirtseff. 

Le point de vue du spectateur est situé au milieu des enfants. Tout d’abord le regard monte au milieu de cette réunion de jeunes garçons et note l’expression caractéristique des visages. Puis sur la droite il aperçoit la petite fille qui s’éloigne et qui donne de la profondeur de champ à la toile. Ensuite dans un troisième temps le spectateur s’intéresse à la palissade, aux graffitis, et aux affiches déchirées.
On comprend vite qu’il ne s’agit pas ici de beaux quartiers, mais d’écoliers, à cause des blouses, à la condition sociale relativement modeste. 

La réunion se déroule au milieu des 4 points naturels d’intérêt. 2 garçons sont situés sur les 2 points naturels d’intérêt gauche et droit, le plus grand à gauche tout de noir vêtu tient dans sa main un objet qu’il a certainement fabriqué, composé d’une pointe reliée à un bout de ficelle et le blond à droite possède une chaussure gauche sans lacet, lacet qu’il a peut être prêté pour l’occasion. 
Au centre le jeune garçon qui a une ficelle dans la bouche lance un regard méfiant au grand habillé de noir. Il s’agit peut être d’une expérience, d’un nouveau jeu, d’une démonstration, tout le monde semble très attentif. 

Les lignes directrices de la palissade à l’arrière permettent à l’artiste d’isoler totalement le groupe. L’œuvre est magnifiquement cadrée. Le centre géographique de la toile se trouve au milieu des enfants.

Les lignes directrices sont horizontales ou verticales. Ceci induit un espace pictural très géométrique. Les quelques diagonales sont toutes proches ou au milieu des enfants. L ‘expérience qui va avoir lieu a certainement un rapport avec la géométrie. 
Comme la ficelle est enroulée autour de la pointe il doit s’agir d’une toupie ou d’un bilboquet. (Voir zoom ou détails).

Détails : 

Au centre l’enfant qui a une ficelle dans la bouche regarde le grand habillé de noir avec un regard en coin. Celui-ci présente la pointe autour de laquelle il a enroulé une ficelle aux autres. Il doit avoir au bout de la ficelle dans sa bouche la seconde partie de l’objet. (Toupie ou bilboquet).

Le jeune garçon de droite utilise une canne pour marcher et se tenir droit. Le lacet qui manque à sa chaussure gauche est peut être utilisé pour l’expérience en cours.

Ce petit blond un peu décoiffé semble fier et très intéressé par ce qu’il se passe. 

Lumière : La scène est éclairé par une lumière naturelle qui vient de la gauche. 

Couleurs : Harmonie entre couleurs chaudes. Peu de couleurs. Surtout des tons clairs. Économie de moyens.

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