Edouard Manet. (1832 - 1883).

   



Les Peintres

Tableau à la Loupe. Édouard Manet. Dans la Serre. 1879. Impressionnisme.

 

 

Laisser un commentaire ou un avis.  

                                Envoyer cette page à un(e) ami(e)         

 Accueil     Newsletter   Mouvements  Peintres  Genres  Techniques   Histoire   Musées  Expositions   Galeries   Artistes    Jeux    Annonces    Boutique Contactez-nous   
 
Qui sommes nous ?  
 Liens 



Laisser un commentaire ou un avis.  


Edouard Manet. (1832 - 1883).

A mi chemin entre l'impressionnisme et le naturalisme Edouard Manet est l'un des artistes les plus importants de la seconde moitié du 19ème siècle. 
II est l'un des chefs de file du mouvement impressionniste mais son style reste très individuel et indépendant. En effet il s'intéresse plus aux portraits et aux tableaux de groupe qu'à la peinture en plein air.
De plus, contrairement à la plus part des impressionnistes, il reste attaché aux canons de la peinture traditionnelle, surtout dans le choix de ses thèmes. 
Entre 1850 et 1856 il travaille à l'atelier de Thomas Couture, célèbre peintre d'histoire de l'époque. 
Pour parachever sa formation Manet fait des copies au musée du Louvre qui ensuite deviendront une importante source d'inspiration. Il voyage ensuite en Belgique, au Pays Bas, en Allemagne, en Autriche et en Italie. 
Vers la fin de 1850 Manet se trouve au centre d'un groupe d'artiste qui comprend des peintres impressionnistes comme Monet et Renoir, mais aussi des écrivains, Zola, Baudelaire et Stéphane Mallarmé (1876). 
Pourtant le succès se fait attendre. En 1859 Le Buveur d'Absinthe est refusé au Salon. Il lui faut attendre 1861 pour 
qu'il y soit représenté par Les Parents de L'Artiste (1860). En 1865 il se rend en Espagne où il étudie attentivement l'oeuvre de Goya et de Velazquez. 
Lors de l'Exposition universelle de 1867 il expose ses oeuvres sur son propre stand. Pour Manet la reconnaissance est tardive. En 1881 il est décoré de la Légion d'honneur. Malade depuis plusieurs années, il décède en 1883 à l'âge de 51 ans. En 1884 ses amis organisent une rétrospective de son oeuvre.
Manet est davantage attiré par le portrait que par le paysage. Lorsqu'il représente un visage dans un paysage celui-ci est toujours le motif central. L'une de ses premières oeuvres marquantes est Le Buveur d'Absinthe (1859) où il traite déjà un thème caractéristique de son art, très éloigné de la peinture d'histoire assez prisée à l'époque. Dans Musique Aux Tuileries (1860 -1862) il dévoile l'intimité de la bourgeoisie parisienne dans un moment de détente. La couleur est utilisée de façon audacieuse, les contrastes de valeurs sont atténués et le plan pictural est respecté. Un des oeuvres prépondérantes de Manet est Le Déjeuner Sur L'Herbe (1863). La composition s'inspire du Concert Villageois de Giorgione et du Jugement de Paris de Raphaël. 2 hommes habillés avec élégance figurent aux côtés d'une femme entièrement nue, avec à l'arrière-plan une seconde femme légèrement vêtue. 
C'est d'autant plus révolutionnaire que ces femmes, représentées de manière réaliste, ne donnent aucune prise à une interprétation allégorique. Pourtant la composition de l'oeuvre est aussi rigoureuse que celle d'une nature morte. 
La perfection esthétique relègue au second plan l'aspect provocateur. Dans Olympia (1863) Manet prend un autre modèle classique : 
La Vénus D'Urbino de Titien qu'il avait copié en 1856. De nouveau Manet transpose le motif mythologique dans un contexte profane. Le nu contraste alors violemment avec la servante au vêtement exotique et le cadre luxueux. Accepté par le jury en 1865 Olympia provoque un tel scandale que le Salon doit fermer ses portes. 
La toile s’inspire de la Maja nue de Goya ou de la série des odalisques d’Ingres. 
Le scandale éclate dès l’ouverture du Salon officiel. La critique se déchaîne, Olympia est décroché sous la pression de la critique. Le public ne peut en effet accepter de voir un grand sujet mythologique ainsi dévalué. Sous les traits d’Olympia, la déesse Vénus n’incarne plus un monde divin inaccessible, mais s’offre dans une nudité assurée, vêtue de ses seules mules et d’un ruban de velours noir, recevant avec indifférence les hommages d’un admirateur anonyme. Le chat noir à la queue dressée vient ajouter une note d’ironie et transgresser les lois de l’iconographie traditionnelle en remplaçant, de sa présence satanique, le chien fidèle endormi aux pieds de la Vénus de Titien. Les spectateurs ne peuvent supporter la modernité du traitement de l’œuvre, le contraste excessif des tons qui oppose la blancheur des draps, les couleurs éclatantes d’un bouquet aux masses sombres du fond et au visage plongé dans l’obscurité de la servante.
Ce genre de tension entre le thème central et son environnement est encore exacerbée dans Le Torero Mort (1864). Le corps, représenté avec minutie contraste avec le sol à peine indiqué. La découverte de l'oeuvre de Goya et de Velazquez renforce cette tendance comme dans Le Fifre (1866) et L'Exécution De Maximilien (1867). Lorsqu'il représente Monet Peignant Dans son Bateau Atelier Manet adopte une facture impressionniste en hommage à son modèle. Manet met plus l'accent sur la psychologie de son modèle que sur la peinture en soi. Comme par exemple dans le portrait d'Emile Zola (1868). Parfois il cherche à rendre l'atmosphère d'un lieu comme dans le Chemin de Fer (1873) ou dans Nina De Callas (1874), ici il parvient à unifier le motif principal et l'espace environnant. 
Dans Argenteuil (1874) cette représentation d’un couple dans ce cadre particulier place le tableau à mi-chemin entre le portrait et la scène de genre. Le Balcon (1869) est un hommage à la toile de Goya. La Jeune femme à gauche est sa belle-sœur Berthe Morisot. 
Nana (1877) lui vaut une nouvelle fois de vives attaques, la critique trouve sa toile trop naturaliste. Ses oeuvres tardives sont souvent de doubles portraits, à la fois psychologique et du milieu social comme Le Linge (1875) ; Dans La Serre (1878) et Chez Le Père Lathuille (1879). Il en est de même pour La Blonde Aux Seins Nus (1878) et Mery Laurent (1876). Le Bar Aux Folies Bergères (1881-82) est sa dernière œuvre connue et elle contient un étrange paradoxe. Le miroir ne renvoie pas une image exacte de la scène en ce qui concerne la posture de la jeune femme ainsi que la présence de l’homme en face d’elle, si proche il doit logiquement cacher toute la scène aux yeux du spectateur…