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Les Scènes de Genre de
Bartolomé Estéban Murillo (1618-1682).
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La
vie et l'oeuvre de Murillo.
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Les Scènes de Genre de Bartolomé Estéban Murillo (1618-1682).
En 1545 l'Église catholique décide, en réponse à la Réforme protestante, de se réunir en Concile.
Il faut se souvenir que dès 1520 Martin Luther demande un concile pour réformer l'Église et pour régler les controverses dont il est à
l’origine. Le Concile se réunit à Trente, une ville du nord de l’Italie, de 1545 à 1563. Il réaffirme avec précision les dogmes essentiels, il
recommande aux artistes de susciter la miséricorde et demande que les images frappent les sens, soient compréhensibles par tous et
respectent les textes sacrés. Le Concile de trente influence tout l'art espagnol du 17ème siècle.
Frapper les sens par la beauté, la grâce et la couleur et respecter les textes sacrés est relativement simple pour les artistes possédant du
talent. Mais susciter la miséricorde est un autre problème.
Dans ce but Murillo utilise les enfants. Dans les tableaux religieux le Christ et Saint jean Baptiste sont représenté en jeunes bergers purs et
innocents. Ces toiles frappent les sens mais le sentiment qu’elles suscitent n’est pas exactement la miséricorde.
Pour atteindre cet objectif Murillo prend pour modèles les enfants des rues de Séville.
Une scène de genre représente un sujet occupé à une tache quotidienne, souvent banale. L’artiste utilise donc les modèles, la
représentation de l’action mais aussi la technique pour éveiller la miséricorde du spectateur.
Le plus souvent les personnages sont représentés de trois quart. Ils sont solidement positionnés sur les lignes de force verticales. L’action
se déroule le plus souvent sur la partie basse de l’œuvre entre 2 points naturels d’intérêts. L’artiste fait alterner les zones claires et les
zones sombres, les vides et les pleins, ceci lui permet de faire ressortir les détails qu’il désire. Le plus souvent les toiles sont construites sur
la grande diagonale descendante qui induit une idée de chute de déchéance.
Les pieds des enfants sont nus et sales les semelles trouées, les objets brisés. Les chiens ont faim et demandent à manger. Les enfants
sont habillés pauvrement, les chemises et les pantalons ont de larges trous, ils sont en guenilles mais pourtant ils gardent toujours le
sourire…Inspirer la miséricorde ne signifie pas faire pleurer.
Les enfants des rues de Murillo sont pauvres, mais heureux de vivre.
La lumière provient toujours de la gauche, à la manière d’un projecteur qui éclaire une scène de théâtre, ceci dramatise quelque peu
l’action. Une lumière plus diffuse rendrait les scènes plus légères.
En ce qui concerne les couleurs la palette utilisée par l’artiste est volontairement limitée. Les couleurs sont similaires et proches.
Indirectement le peintre exprime ainsi le dénuement et la pauvreté des enfants. Une palette plus riche exprimerait trop de luxe et de
confort. Dans les scènes de genre Murillo utilise surtout les analogies entre couleurs chaudes. Les couleurs froides sont peu employées.
Pour les toiles religieuses la palette est plus large, les couleurs froides apparaissent et le contraste entre couleurs chaudes et froides, de
préférence entre complémentaires est très fréquent.
Avant lui José de Ribera, (1591-1652), à l'origine de la tradition réaliste dans l'art espagnol suscite la miséricorde d’une façon plus brutale,
son registre est plus sombre et tragique, il représente les martyres catholiques comme Saint Sébastien 1651 et des scènes de tortures. Le
Pied-bot (1642) montre un jeune mendiant misérable et infirme qui fixe jovialement le spectateur. Diego Velazquez (1599 - 1660) peint les
nains et les bouffons de la cour dans des postures très dignes comme il le fait avec les souverains et des nobles d’Espagne.
La manière de Murillo est beaucoup plus étudiée et subtile.