English Website


 

Toutes les Analyses


 Dorothea Tanning. Anniversaire. 1942. Surréalisme.



Envoyer cette page à un(e) ami(e) 




Laisser un commentaire ou un avis.  



Envoyer cette page à un(e) ami(e)
 

 Accueil  Analyses  Newsletter   Mouvements  Peintres  Genres  Techniques   Histoire   Musées  Expositions   Galeries  Artistes    Jeux    Annonces    Boutique  Contactez-nous    
Qui sommes nous ?
   
 Liens  

 Vidéo : Dorothea Tanning. (1910 - 2012).



Laisser un commentaire ou un avis.  

Dorothea Tanning. Anniversaire. 1942. Surréalisme. 

En 1936 Dorothea Tanning visite une exposition surréaliste au Musée d’Art Moderne de New York. Lorsqu’elle en sort elle a pris sa décision : elle décide de peindre. Mais qui a dit que les musées et les expositions ne servent à rien ? Elle fréquente les surréalistes exilés aux Etats-Unis à cause de la guerre et devient la compagne de Max Ernst qui l’influence peu dans son œuvre. Dorothea a ses visions personnelles et un univers onirique riche et spécifiquement féminin. Elle renverse la perspective érotique dans l’art et représente plus les fantasmes de la femme en tant qu’être typiquement féminin plutôt que la projection du désir de l’homme. 
L’artiste étant née en 1910 et la toile ayant été réalisé en 1942 l’anniversaire dont il est question est celui de ses 32 ans. Entre 30 et 40 ans l’être humain parvient à peu prés à la moitié de sa vie. C’est à dire qu’il ne sait pas s’il lui reste autant de durée de vie devant que derrière lui. Cet état de fait déclenche le processus d’individuation ou d’intégration de la personnalité. (Lire Carl R. Rogers à ce sujet, Le développement de la Personne Bordas, Paris, 1968.) Les rêves qui découlent de cette situation sont des rêves d’individuation ou d’intégration, les mêmes rêves que C.G. Jung nomme « grands rêves ». Cette toile est un tableau d’individuation. C’est un autoportrait et la place de l’artiste dans l’espace est la même que dans le temps. La personne se trouve à la croisée des chemins. Les portes se trouvant derrière elle, à gauche, représentent le chemin parcouru. A droite les portes ouvertes représentent le chemin ou le temps de vie qu’il reste à parcourir. 
A la croisée des chemins, entre passé et avenir la personne fait le point. Cet autoportrait montre divers aspects de sa personnalité. Au niveau des symboles les couleurs du haut de l’habit, or et violet sont importantes. Le bas de la jupe fait de feuillage possède une signification. L’animal sur le sol moitié chat et moitié oiseau, être proche du griffon ou de l’hippogriffe, possède lui aussi un sens assez particulier. 
Les griffons sont aussi les gargouilles dans l'architecture gothique de la fin du Moyen Âge. Ils représentent la force et la vigilance et sont sensé monter la garde. 
Cependant la figure de gargouille la plus connue et la plus répandue reste le dragon qui est fréquemment associée à l'image du mal ou du démon. Et attention si ce griffon est là c’est qu’il fait partie de personnalité de l’artiste qui découvre ici sa dualité profonde et certainement aussi sa nature un peu irrationnelle. 

Le point de vue du spectateur se situe au niveau de l’épaule du modèle. Dans le présent. Très vite le regard du spectateur s’aperçoit qu’il existe un vaste espace à droite exprimé par une série de portes ouvertes. Ces portes symbolisent le temps. En suite comme il y a aussi des portes derrière la jeune femme il prend conscience qu’il y a aussi de l’espace derrière elle. Comme la scène se situe à l’intérieur d’une maison il s’agit ici d’un espace personnel. Comme dans le rêve la maison reflète la réalité psychique du moment. 

Dorothea se trouve sur la ligne de force gauche entre 2 points naturels d’intérêt. 
Sur la ligne de force droite se trouvent les portent ouvertes et le griffon. Le passé situé dans le dos du modèle est connu il ne pose pas de problème. L’avenir est plus incertain car il est inconnu. Ce qui est important se situe sur les lignes de force. 
La question que pose l’artiste est celle-ci. Moi et ma nature profonde et véritable, où tout ceci va donc me mener. Les rêves d’individuation posent souvent des questions existentielles sur le sens de la vie et sa direction et cette toile est semblable à un tel rêve. 

L’espace pictural représente le temps et est divisé en 3 moments. A gauche derrière l’autoportrait de l’artiste se trouve le passé. A droite représenté par une suite de portes ouvertes on discerne le futur. Au centre et devant le modèle se trouve le présent. Le présent est l’instant ou la personne fait le point. Son apparence, sa coiffure, la couleur de ses habits, et l’animal situé au premier plan devant lui sont autant d’indications et de symboles sur son état d’esprit et sa réalité psychique du moment. 

L’œuvre est envahie de multiples lignes verticales. Le modèle est totalement encadré. Même dans le présent l’orientation des lames du parquet donnent le sens de la marche. Ces lignes et ces encadrements marquent le temps et sa nature inéluctable. On ne peut s’en échapper. La personne ne peut l’ignorer. L’œuvre est construite sur la diagonale descendante de gauche à droite. Si l’enfant progresse jusqu’à devenir adulte une fois adulte la personne ne progresse plus physiquement, elle ne peut donc que décliner si elle avance dans le temps. Tout ce qu’elle a acquit physiquement ne peut plus s’accroître et va donc péricliter. 
Pour une femme vieillir signifie perdre en beauté. 

Détail : 

L’artiste se représente torse nu ce qui montre bien son intention de se dévoiler dans son intimité. Les cheveux ne sont pas attachés mais en liberté. Les cheveux sont un produit de notre union avec la nature animale. Il s’agit d’une nature brute, de forces primitives si elles ne sont pas canalisées (les cheveux sont en liberté) l’individu aura tendance à laisser s’exprimer ses forces primitives intérieures. La chemise est en soie et exprime une personnalité délicate et raffinée. Au niveau des couleurs le violet se situe entre le rouge, couleur agissante associée à la sexualité et au désir et le bleu symbole de l'immortalité et de la spiritualité. Dans l'église chrétienne Le violet est la couleur portée par les évêques. C’est un puissant symbole de spiritualité, comme le doré.. 

L’arrière de la jupe est constitué d’algues ou d’un feuillage de couleur verte. Le vert signifie nature et régénération. Les plantes sont le parfait symbole pour exprimer une croissance psychique car sans elles le miracle de la floraison n’est pas possible. 
Cet attribut confère au modèle l’apparence d’un être proche de la nature comme l’elfe. Les elfes sont des personnages légendaires nés au cœur des mythologies germaniques et nordiques considérés à l’origine comme des divinités de la fécondité.
Ce sont des esprits aériens et lumineux, décrits comme des êtres gracieux et bienveillants. Ils vivent au contact des dieux, avec lesquels ils entretiennent des relations cordiales. Ils fuient la compagnie des hommes, mais l’on raconte qu’ils viennent parfois danser au clair de lune au cœur des forêts. Ces elfes sont dotés d’une grande intelligence. On leur attribue également une beauté exceptionnelle et parfois des dons de magie.

L’animal devant la jeune femme est un Griffon. Voici en dessous le griffon figurant sur le blason de la ville de Pérouse, en Italie. Il date du Moyen Âge. Cet animal légendaire est doté d'une tête, d'un bec et d'ailes d'aigle ainsi que du corps d’un lion. 
Chez Dorothea Tanning le lion devient chat. Il n’y a pas d’animal symbolisant mieux la nature féminine du chat. Le chat est difficilement influençable, de plus il peut se mettre à ronronner voluptueusement et l’instant d’après se rebiffer et sortir ses griffes. Ce griffon est mi-chat mi-oiseau et de couleur noire. Dans l’esprit occidental le noir a une tonalité négative qui évoque des choses où l’espoir n’est pas là. L’oiseau noir ou le chat noir ne sont jamais des symboles positifs. Même si le griffon de Dorothea est moins terrible que celui du Moyen Âge il évoque des choses qui lui font peur probablement contenues dans sa nature instinctive qu’elle ne maîtrise pas facilement. 

Lumière : 

Le tableau est éclairé de la gauche. 

Couleurs.

Harmonie et contraste.

Contraste entre couleurs chaudes et froides. Contraste entre complémentaires.


Dorothea Tanning. Voltage. 1942.

Dorothea Tanning. Petite Musique de Nuit. 1943.

Max Ernst. L’Antipape. 1941-42.